Home » Default » “Charte des principes” de l’islam de France : un réel progrès ou une simple déclaration sans effet ?

La charte des principes, adoptée par le Conseil Français du Culte Musulman, rappelle la compatibilité entre les principes de la République et l’islam, et prend position clairement contre l’islam politique. Elle doit désormais encadrer l’activité des imams exerçant en France.
Après plus de deux mois de crise interne, les dirigeants du Conseil Français du Culte Musulman avaient annoncé, dimanche 17 janvier, un accord à l’arrachée sur cette charte des principes qui rejette l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques, et affirme la compatibilité de la foi musulmane avec la République, dont l’égalité femme-homme, et la laïcité. Elle a été rendue publique lundi 18 janvier 2021 par le CFCM.
Selon le communiqué du conseil, cette charte, contenant dix articles, fait référence aux actes hostiles visant les musulmans français tout en rejetant l’idée d’un racisme institutionnalisé. Elle réaffirme aussi la liberté de religion et de conscience, l’attachement au libre arbitre et à la raison, le rejet de la haine de l’autre et de toutes les formes de discrimination. Elle s’élève aussi contre l’ingérence des États étrangers dans l’exercice du culte musulman. Il est important de rappeler que la charte condamne sans détour la discrimination à cause de l’homophobie et l’orientation sexuelle.
Le document doit désormais être adressé aux CRCM – Conseils régionaux du culte musulman. “Le but étant ainsi de les faire partager avec tous les acteurs de l’islam de France”, explique Mohamed Moussaoui, le président du Conseil Français du Culte Musulman.

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Aujourd’hui, seul 5 des neufs fédérations composant le Conseil Français du Culte Musulman ont signé la charte. Parmi les non-signataires, l’association Islam Sounnat Djammate, CIMG (Millî Görüs), l’association Pratique et Foi, et le Comité de coordination des Musulmans Turcs de France. “Évidemment, nous sommes d’accord avec le respect des valeurs de la République et de la Constitution, la non-instrumentalisation des religions, et la démarche de non-ingérence des États”, écrivent les quatre fédérations non-signataires. “Nous pensons toutefois que certains formulations et passages du document sont de nature à fragiliser les liens entre la nation et les musulmans de France”. Elles plaident pour une consultation participative, démocratique et élargie pour son amendement.
Il est à noter que les lieux de culte seront ainsi invités ‘à faire de la signature’ de cette charte de principes de l’islam de France ‘un élément important à prendre en compte lors du recrutement des imams’.