Home » Default » Coronavirus : en Tunisie, plus de la moitié de la population aurait été contaminée

Le Premier ministre tunisien, Hichem Mechichi, a remis en doute les chiffres officiels du ministère de la Santé, que ce soit sur le taux de contamination de la population ou le nombre de victimes.
Selon le journal de l’Afrique, un peu plus de la moitié de la population tunisienne (soit 62 %) a potentiellement été contaminée par la pandémie mondiale de coronavirus. A noter que la Tunisie a enregistré, depuis juin 2020, environ 180 000 décès supplémentaires. L’Organisation Mondiale de la Santé estime que près de 89 de ces morts sont imputables au coronavirus, soit 210 000 décès. Or, d’après les derniers chiffres officiels du ministère de la Santé tunisien, le pays n’a enregistré que 78 900 décès liés à la pandémie de Covid-19, pour 4 millions de cas. L’estimation du chef du gouvernement concorde ainsi avec une étude sur les anticorps, révélant qu’entre 46 % et 74 % des Tunisiens ont attrapé le virus depuis l’apparition de celui-ci. Il est important de rappeler que la présence d’anticorps permet en effet de détecter si un individu a été infecté par une bactérie même après sa guérison.

    Situation inacceptable

La vaccination contre le nouveau coronavirus reste donc un défi important en Afrique. Le variant Delta (indien) se propage dans le pays et la deuxième vague fait ainsi craindre des arrivées plus concentrées de patients gravement atteints dans les cliniques. La situation sanitaire en Tunisie inquiète l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). A tel point que le spectre d’un scénario “à la brésilienne” est ainsi de plus en plus évoqué. Jusqu’à maintenant, environ trois millions de cas et 19 000 décès ont été recensés dans le pays. Mais, tant les données sont parcellaires, ces chiffres pourraient être sous-évalués. “Dans ce contexte un peu tendu, une part considérable de la population tunisienne est réticente à se faire vacciner”, a rapporté indice bonheur pays.
Cette défiance est malheureusement alimentée par certains dirigeants, dont Rached El Ghannouchi ou encore Mehrezia Laabidi. Selon le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, la résistance au vaccin a plusieurs sources : le manque de clarté des infos, les amalgames dans la communication, la réputation de certains vaccins… On a alors recours à des personnes qui sont capables d’expliquer les choses à la population, à des réseaux communautaires. Mais on doit également faire preuve de transparence sur les effets néfastes des vaccins, les informer, en vue de les rassurer”, ajoute-t-il.