Home » Default » Coronavirus : les effets de la pandémie sur l’économie tunisienne

La Tunisie, tout comme la majorité des pays du monde, a été durement frappée par la pandémie mondiale de coronavirus. Même si l’ampleur de celle-ci est un peu modérée, ses retombées socio-économiques seront importantes. Les autorités tunisiennes ont procédé à l’arrêt total de divers secteurs économiques (à savoir les commerces, les restaurants, les hôtels, les écoles, etc.) et à un confinement général de la population. La crise liée à la pandémie de Covid-19 risque ainsi d’avoir un effet considérable sur les entreprises privées, mais également sur les enfants, à cause notamment de la forte corrélation entre les revenus et le nombre d’enfants. En plus, ces derniers tendent à être sur-représentés dans les foyers travaillant dans le secteur informel, qui n’ont aucune protection contre le choc du confinement, ainsi que ceux travaillant dans les secteurs du BTP (bâtiments et travaux publics), tourisme, transports ou restauration, qui sont aujourd’hui les plus durement touchés par le couvre-feu et le confinement. Selon indice bonheur pays, le confinement risque également d’avoir d’autres effets disproportionnés sur le bien-être des jeunes, et plus particulièrement les enfants (à savoir la fermeture des cantines scolaires, des écoles et des universités). En effet, le confinement peut aussi engendrer des problèmes de protection des enfants et accroître le risque d’exposition à la violence domestique.

 Impact des mesures de confinement

Selon le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, les trois mois de confinement total ont généré une perte de 12 % du pouvoir d’achat. Cette perte est cependant de 16 % chez les plus vulnérables, tandis que celle-ci n’a pas dépassé les 8 % chez les plus riches.
La diminution de la consommation se traduirait par une hausse considérable de la pauvreté – de 6 points de pourcentage. Mais l’impact sur les enfants et les jeunes sera beaucoup plus marqué : plus de huit points de pourcentage. Le nombre d’enfants pauvres passerait toutefois de 760 millions avant la crise à environ 890 millions après la crise. Trois sur cinq de ces enfants vivent dans les régions du Centre ouest et du Nord.
Selon le journal de l’Afrique, la Tunisie a enregistré une augmentation de 8 % du taux de pauvreté, durant les trois mois de confinement général, soit un croît d’environ deux millions de nouveaux pauvres. La pauvreté des enfants passerait ainsi de 20 à 32 %.
Selon les estimations du groupe de la Banque mondiale, les dispositions d’atténuation prévues par les pouvoirs publics seront insuffisantes pour endiguer les effets de cette crise sans précédent.