Home » Default » Islam de France : malgré un premier pas ‘historique’, le CFCM et Emmanuel Macron ont encore du chemin à faire

Nouvelle tentative de structuration de l’islam de France. La plupart des 9 fédérations qui constituent le CFCM ont approuvé formellement, après plus de deux mois de négociations, dimanche 17 janvier 2021, une charte des principes de l’islam de France. Cette dernière doit ainsi permettre la mise en place – dans les jours qui viennent – d’un CNI (Conseil National des Imams).
Les dirigeants du Conseil Français du Culte Musulman ont été reçus par Emmanuel Macron, le président de la République, lundi matin. Il est à noter que le chef de l’Etat français avait réclamé ce document dans le cadre de son offensive contre ce qu’il désigne comme l’islam radical ou encore le séparatisme. Le document insiste notamment sur “la non-ingérence des États étrangers” et “le rejet de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques”, et réaffirme également la ‘compatibilité de la foi musulmane avec les valeurs républicaines’ et ‘le principe de l’égalité femmes-hommes’. Emmanuel Macron s’est félicité de cet engagement.
“C’était nécessaire de réaffirmer ces valeurs de façon solennelle”, a déclaré Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman.

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La fin des imams détachés – envoyés par le Maroc, l’Algérie et la Turquie -, c’est une question de relations bilatérales entre la France et d’autres États étrangers.
“Personnellement, je pense que ça va se régler entre États à l’horizon 2023. Mais la création d’un CNI est importante en soi”, a ajouté le président du Conseil français du culte musulman.
Dans la charte des principes de l’islam de France, le CFCM s’engage à lutter contre ‘l’ingérence étrangère (qui constitue une menace grandissante pour l’Europe) ainsi que l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques’. “On refuse que les mosquées (ou encore les associations culturelles, les salles de prière, etc.) servent à diffuser, ou encore transmettre des discours politiques”, a insisté Mohamed Moussaoui.
Il est important de rappeler que la religion musulmane refuse le meurtre et la violence. “Quiconque tuerait une personne, c’est comme s’il avait tué tous les hommes”, coran 5, verset 32.
En effet, cette charte des principes ouvre ainsi la voie à la création d’un CNI, qui, selon le président du Conseil français du culte musulman, sera chargé de labelliser les imams (étrangers) exerçant en France, et à une restructuration de la seconde religion de France.
“On travaille sur la fin des imams détachés en 2023”, a indiqué Emmanuel Macron.