Home » Default » Les jeunes et l’emploi

Pendant la dernière décennie, le monde a connu d’importantes mutations d’ordre socioculturel, économique et politique, dont les effets se font sentir immanquablement.

Comme ils sont à la fois les victimes, les bénéficiaires et les agents, les jeunes se trouvent généralement à un paradoxe : ils peuvent soit être le levier qui permettra de transformer les sociétés, soit chercher à s’intégrer dans l’ordre déjà existant.

Les jeunes d’aujourd’hui, quels que soient le contexte socio-économique et le niveau de développement du pays où ils vivent, aspirent à participer entièrement à la vie de la société.

 

 

     Pourquoi l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi se dégrade

L’emploi est aujourd’hui l’un des défis les plus pressants pour le monde entier, notamment les pays africains. Un certain nombre de facteurs primordiaux ont exacerbé le chômage des jeunes africains.

La situation est variable, mais l’accent est aujourd’hui mis sur les facteurs communs à l’ensemble des pays, à savoir la crise économique mondiale, une pénurie d’emplois décents (manque d’expérience, concurrence énorme, offres d’emploi au Congo Brazzaville rares…), le déséquilibre des qualifications entre les besoins du monde économique et les produits du système éducatif, et une poussée de la population jeune. La forte émigration est ainsi l’une des conséquences du chômage des jeunes africains. Selon David Malpass, le président du groupe de la Banque Mondiale, elle a contribué indirectement au problème.

Il est important de rappeler que la population jeune augmente en Afrique à un rythme beaucoup plus rapide que les autres franges de la population. En juillet 2019, les jeunes représentent 36 % de la population totale emploi au Congo Brazzaville, 29 % en Côte d’Ivoire, 26 % au Togo, 23 % au Bénin, 20 % au Burkina Faso… Les poussées démographiques des jeunes africains offrent ainsi aux gouvernements une lucarne de possibilités pour la réduction de la pauvreté et l’instauration d’une croissance rapide. Les États qui tirent parti des poussées démographiques des jeunes peuvent ainsi récolter d’immenses ‘dividendes démographiques’ en termes d’accroissement de l’investissement et de l’épargne, et d’augmentation de la production par habitant.

Selon une récente étude, le début de carrière est de plus en plus difficile pour les jeunes africains, qu’ils soient diplômés ou non. Si des emplois décents ne sont cependant pas générés pour absorber les jeunes africains dans l’économie, cela aura d’importants coûts tant au niveau individuel que pour les sociétés, à savoir l’instabilité politique et sociale, le développement de l’informel dans l’économie, le chômage des jeunes, et éventuellement le gaspillage des ressources humaines.